Dossier de presse

Assez folle pour chanter au marimba

La Tribune (Sherbrooke, Qc) – le 25 avril 2011
Par Steve Bergeron

Sherbrooke – Béni soit celui qui a inventé le micro-casque! Sans lui, Catherine Audet n’aurait sans doute pas pu atteindre son objectif: chanter tout en jouant du marimba. À moins que la partition soit minimaliste, l’instrument est si grand, la marimbiste doit tellement se déplacer d’un bout à l’autre du clavier qu’utiliser un micro sur pied était impensable.

«En fait, j’ai essayé, mais c’était impossible, et je tenais à chanter et jouer du marimba en même temps. Comme l’idée de créer mes propres chansons vient de mon désir de faire connaître mon instrument, je ne voulais pas d’une partition plus facile!» dit celle qui fut la grande gagnante du Festival-concours de musique de Sherbrooke en 2005.

Catherine Audet est un «pur produit» du réseau d’écoles musicales sherbrookois. Elle l’a suivi d’un bout à l’autre, de l’école Sacré-Coeur jusqu’à un diplôme de deuxième cycle à l’Université de Sherbrooke. Outre sa première place au FCMS, son cheminement scolaire avait été aussi marqué d’une première place au Concours de musique du Canada, en 2003, à Calgary.

«Mais quand on termine ses études en musique, on se retrouve souvent devant un vide. J’ai fait quelques contrats, j’ai un duo de musique d’ambiance baptisé Pierrot, avec Joëlle Saint-Pierre au vibraphone, j’ai accompagné plusieurs auteurs-compositeurs-interprètes de la relève, mais au bout du compte, je trouvais que je ne jouais pas assez.»

Outre le fait qu’il demeure méconnu, le marimba n’est pas non plus l’instrument le plus portatif qui soit. «La phrase que j’entends le plus souvent, c’est: «Je ne pensais pas que c’était si gros!» Ils sont rares, les marimbistes qui partent en tournée. En musique populaire, on l’utilise surtout en studio. On en entend beaucoup en publicité et dans la musique de film. Certains artistes établis, comme Pierre Lapointe, Daniel Bélanger et Guy Saint-Onge, y sont plus sensibles. Mais c’est une minorité.»

La musicienne a donc conclu qu’elle aurait plus de chances de jouer si elle concrétisait ses propres projets. «C’est en côtoyant justement de jeunes auteurs-compositeurs que des paroles et des musiques ont commencé à me trotter dans la tête. J’ai décidé d’écrire. J’ai suivi des cours de chant. Je suis une musicienne classique et de passer au populaire était un grand saut que je devais assumer.»

Folle et colorée Ainsi vient de paraître l’album Folle, comportant huit pièces de son cru et réalisé grâce à un projet Jeunes volontaires. «Je ne fais pas une croix sur la musique classique, j’aime toujours ce répertoire, mais l’ascension est lente dans ce créneau», explique-t-elle.

Pourquoi Folle? «Parce qu’il faut être un peu fou pour se lancer dans un projet comme celui-là, pour faire du populaire au marimba. Parce que j’éprouve une passion dévorante pour cet instrument. Et parce que je suis quelqu’un de coloré, d’éclaté, d’imprévisible. Ça me représente, cette belle folie!»

Tout au long des huit plages où les questionnements de l’existence rencontrent le rêve, le doute, l’amour et l’autodérision, l’auditeur pourra entendre le talent de six autres musiciens, dont la plupart sont aussi diplômés de l’École de musique de l’Université de Sherbrooke.

«J’ai composé chaque chanson marimba-voix, mais comme l’instrument a une note qui ne résonne pas longtemps, les autres instruments viennent le soutenir.»

Lors du lancement prévu aujourd’hui, Catherine Audet et ses musiciens joueront l’album dans son intégralité, en plus de quelques interprétations. L’artiste fera aussi un lancement au Studio-théâtre de la Place des arts mercredi.

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